Toucher sa retraite à l’étranger : le guide pour l’Afrique
Toucher sa retraite à l’étranger en Afrique : certificat de vie annuel, conventions de sécurité sociale, retenue à la source 2026, Aspa et transfert.
Rentrer au pays avec une retraite française ne règle pas la question des soins. Selon votre pays de résidence, la Sécurité sociale française, la caisse locale, la CFE ou une assurance privée prendra le relais.

Après un retour en Afrique, votre carte Vitale ne sert plus que pour des soins en France, et seulement si vous remplissez les conditions : en principe 15 ans d’assurance en France, sauf convention plus favorable. Dans le pays de résidence, tout dépend de la convention : en Algérie, au Maroc et en Tunisie, le titulaire d’une pension française est soigné par la caisse locale aux frais du régime français ; au Sénégal ou au Cameroun, la convention ne couvre pas la maladie, et il faut adhérer à la CFE (si vous êtes français) ou à une assurance privée.
Trois acteurs peuvent intervenir, selon votre pays et votre parcours : la caisse du pays de résidence, quand une convention prévoit la prise en charge des pensionnés ; la Sécurité sociale française, pour les soins reçus lors de séjours en France ; et une couverture volontaire, CFE ou assurance privée, quand rien d’autre ne couvre les soins sur place. Avant de partir, identifiez dans quelle case vous êtes.
| Pays | Convention en vigueur | Soins des titulaires d’une pension française |
|---|---|---|
| Algérie | Oui (1980) | Oui : art. 17, soins par l’institution algérienne, charge du régime français |
| Maroc | Oui (2007) | Oui : art. 16, soins par l’institution du lieu de résidence, charge du régime débiteur de la pension |
| Tunisie | Oui (2003) | Oui : art. 16, même principe |
| Sénégal | Oui (1974) | Non : pas de coordination en matière d’assurance maladie |
| Cameroun | Oui (1990) | Non : aucune coordination pour la branche maladie |
| Mali | Oui (1979) | Non précisé : la section maladie vise les travailleurs et leur famille |
| Comores, Guinée, RDC | Non | Aucun accord : pas de coordination |
Source : Cleiss · Les conventions bilatérales de sécurité sociale (accords en vigueur)[1]
Au Maghreb, les conventions prévoient une vraie continuité. En Algérie, l’article 17 de la convention du 1er octobre 1980 donne au titulaire d’une seule pension française qui réside en Algérie, ainsi qu’aux membres de sa famille vivant avec lui, droit aux soins de l’institution algérienne, comme s’il était pensionné en Algérie. Le régime français en supporte la charge et rembourse les trois quarts des dépenses au régime algérien sur une base forfaitaire.

rentier les trois quarts des dépenses y afférentesL’article 17 de la convention franco-algérienne : le régime débiteur de la pension rembourse les trois quarts des dépenses.[2]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Au Maroc (convention du 22 octobre 2007) et en Tunisie (convention du 26 juin 2003), l’article 16 suit la même logique : le titulaire d’une pension qui a droit aux soins selon la législation d’un seul des deux États et réside dans l’autre est soigné par l’institution de son lieu de résidence, selon la législation locale, aux frais du régime qui verse la pension. Au Maroc, la convention étend ce droit aux ayants droit du pensionné, qu’ils vivent ou non avec lui.

bénéficient desdites prestations servies par l'institution du lieu de résidenceL’article 16 de la convention franco-marocaine : soins servis par l’institution du lieu de résidence.[3]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Au Maghreb : les bons réflexes
Demandez à votre caisse française comment faire reconnaître vos droits auprès de la caisse de votre futur lieu de résidence.
Inscrivez-vous auprès de l’organisme de sécurité sociale local et conservez la preuve de votre pension française.
Les soins sont servis selon la législation du pays de résidence : ses tarifs, ses délais et ses médecins conventionnés.
Si vous avez aussi une pension du pays, d’autres règles de prise en charge s’appliquent : faites vérifier votre cas.
La convention franco-sénégalaise du 29 mars 1974 « ne contient pas de dispositions de coordination en matière d’assurance maladie », selon le Cleiss. Celle avec le Cameroun (5 novembre 1990) n’en contient « aucune » pour la branche maladie. Pour le Mali, la page du Cleiss ne mentionne pas les retraités résidant dans le pays : demandez confirmation avant de compter sur une prise en charge. Et avec les Comores, la Guinée ou la RDC, aucun accord n’est en vigueur.

La convention franco-sénégalaise ne contient pas de dispositions de coordination en matière d'assurance maladie.Le Cleiss confirme que la convention franco-sénégalaise ne coordonne pas l’assurance maladie.[5]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

La convention franco-camerounaise ne contient aucune disposition de coordination pour la branche maladie et l'assurance décès.Pour le Cameroun, le Cleiss indique qu’aucune disposition ne coordonne la branche maladie.[6]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Avec ou sans coordination maladie

Depuis le 1er juillet 2019 (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019), un retraité qui réside hors Union européenne n’est pris en charge pour ses soins lors d’un séjour temporaire en France que s’il remplit des conditions précises. Le Cleiss les résume ainsi :
Conditions pour être soigné lors d’un séjour en France

rémunérant au moins 15 ans d'assurance en FranceLa condition des 15 ans d’assurance en France pour les soins lors d’un séjour temporaire.[8]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Ces dossiers sont gérés par le CNAREFE (Centre national des retraités de France à l’étranger), rattaché à la CPAM de Seine-et-Marne. C’est lui qui affilie les retraités résidant hors Union européenne, contrôle leurs droits et émet leur carte Vitale. Une pré-inscription se fait en ligne sur ameli-rfe.fr. La carte Vitale sert alors pour les soins en France ; elle ne fonctionne pas chez un médecin à Dakar ou à Douala.

Le CNAREFE procède à l'affiliation du pensionné résidant à l'étranger (création ou mutation de l'ancienne caisse d'affiliation, selon la situation), au contrôle de l'ouverture des droits, à l'émission de la carte vitale et à toutes activités nécessaires dans la gestion du bénéficiaire.Le CNAREFE affilie les retraités résidant hors UE et émet leur carte Vitale.[8]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Le conjoint qui réside avec le pensionné et qui n'est pas titulaire d'une pension à titre personnel n'a aucun droit à l'assurance maladie en France.Le Cleiss précise que le conjoint sans pension personnelle n’a aucun droit à l’assurance maladie en France.[9]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

En règle générale le taux de cotisation est de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire. Pour les retraites d'un régime de travailleur indépendant, le taux de cotisation sur la retraite est de 7,1 %.Les taux de la cotisation maladie prélevée sur les pensions des retraités non résidents.[8]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
La Caisse des Français de l’étranger (CFE) est une assurance volontaire. Selon le Cleiss, vous pouvez y adhérer si vous êtes de nationalité française, ou ressortissant de l’Union européenne sous conditions. Un retraité africain qui n’a pas la nationalité française ni celle d’un pays européen n’y a donc pas accès : il doit se tourner vers le régime local ou une assurance privée.

d'adhérer volontairement à l'assurance maladie de la Caisse des Français de l'Étranger (CFE) si vous avez la nationalité française (ou si vous êtes un ressortissant communautaire sous certaines conditions), ou de souscrire une assurance auprès d'une compagnie privée.Le Cleiss réserve l’adhésion à la CFE aux personnes de nationalité française, ou ressortissantes de l’UE sous conditions.[8]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Si vous adhérez à la CFE avant votre départ ou dans les trois mois qui suivent votre installation à l’étranger, la prise en charge de vos soins débutera immédiatement. Sinon, vos soins seront pris en charge après un délai de trois mois si vous avez moins de 44 ans. Pour les personnes de plus de 45 ans, le délai de carence sera de 6 mois.La CFE détaille l’absence de délai de carence et les délais de 3 et 6 mois sinon.[10]Capture d’écran · CFE, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Que ce soit en complément de la caisse locale ou en remplacement, une assurance privée doit être lue attentivement, surtout après 60 ans. Voici les questions à poser avant de signer.
Questions à poser à un assureur santé international
À faire dans les mois qui précèdent le retour
Ce guide résume les conventions et les pages officielles consultées le 17 octobre 2026. Il ne remplace pas l’avis de votre caisse, du CNAREFE ou de la CFE, qui seuls peuvent confirmer vos droits.
Seulement pour des soins en France, et si vous remplissez les conditions : pension d’un régime de base français et, en principe, au moins 15 ans d’assurance en France, sauf convention plus favorable. Pour les retraités résidant hors Union européenne, la carte Vitale est émise par le CNAREFE (CPAM de Seine-et-Marne). Elle ne sert pas pour les soins sur place.
Pas au titre de la convention : la convention franco-sénégalaise ne contient pas de dispositions de coordination en assurance maladie. Il faut organiser sa couverture : CFE si vous êtes français, régime local ou assurance privée.
Selon le Cleiss, les personnes de nationalité française et, sous conditions, les ressortissants de l’Union européenne. L’offre retraités vise ceux qui perçoivent une pension du régime de base français et n’ont plus d’activité.
Oui. L’article 16 de la convention franco-marocaine et l’article 17 de la convention franco-algérienne prévoient que le titulaire d’une pension française résidant dans le pays est soigné par l’institution locale, aux frais du régime français. La convention franco-tunisienne (art. 16) suit le même principe.
Vos soins sont pris en charge si vous percevez une pension d’un régime de base français, justifiez d’au moins 15 ans d’assurance en France (sauf convention plus favorable) et n’exercez pas d’activité. Le conjoint sans pension personnelle n’est pas couvert.
Dans un pays sans coordination maladie, une couverture volontaire est indispensable si vous n’avez pas accès à la CFE. Dans un pays avec convention, elle peut compléter la prise en charge locale, par exemple pour l’évacuation sanitaire ou le conjoint lors des séjours en France.
Les liens permettent de vérifier les démarches officielles. Les exemples chiffrés signalés comme pédagogiques ne sont pas des prix de marché et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. Les règles doivent être confirmées au moment de votre projet.