Toucher sa retraite à l’étranger : le guide pour l’Afrique
Toucher sa retraite à l’étranger en Afrique : certificat de vie annuel, conventions de sécurité sociale, retenue à la source 2026, Aspa et transfert.
Plus de 334 000 retraités du régime général vivent en Algérie. Pension, certificat de vie, soins, impôt, aides : ce qui suit votre retraite de l’autre côté de la Méditerranée, et ce qui ne la suit pas.

Oui, la retraite française de base et complémentaire continue d’être versée si vous vous installez en Algérie : la convention franco-algérienne de sécurité sociale prévoit l’exportation des pensions de vieillesse. Vous devez renvoyer chaque année un certificat de vie à votre caisse. En revanche, l’Aspa (minimum vieillesse) exige de résider en France plus de 9 mois par an et s’arrête en cas d’installation en Algérie.
Partir vivre en Algérie ne fait pas perdre les droits acquis en France. La convention générale franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980, en vigueur depuis le 1er février 1982, organise le calcul et le versement des pensions de vieillesse (articles 26 à 34) : chaque État paie pour les périodes accomplies sous sa législation, et les prestations sont exportables. Votre caisse française continue donc de verser votre retraite de base, et vos caisses complémentaires font de même.
Trois choses changent en revanche : vous devez prouver chaque année que vous êtes en vie, certaines allocations liées à la résidence en France s’arrêtent, et vos soins sont pris en charge selon des règles particulières. C’est l’objet de ce guide.
Au 31 décembre 2024, la Cnav comptait 1 065 125 retraités du régime général résidant à l’étranger, soit 7 % de l’ensemble. L’Algérie arrive très loin en tête, avec plus du double du Portugal. La pension moyenne y est modeste (274 € bruts par mois) car elle ne couvre que le régime général, hors complémentaires, et correspond souvent à des carrières partielles en France.

1 065 125 (soit 7,1 %)Le résumé de l’étude Cnav confirme les 1 065 125 retraités du régime général résidant à l’étranger (7,1 %), dont 43 % en Afrique.[1]Capture d’écran · Cnav, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
| Libellé | Valeur (retraités) |
|---|---|
| Algérie | 334 669 |
| Portugal | 159 680 |
| Espagne | 147 966 |
| Italie | 61 578 |
| Maroc | 61 513 |
| Belgique | 50 489 |
| Allemagne | 46 394 |
| Tunisie | 38 774 |
| Suisse | 21 414 |
| Canada | 15 758 |
Retraités de droit direct ou dérivé du régime général · Source : Cnav · Chiffres clés sur les retraités du régime général résidant ou nés à l’étranger au 31/12/2024 (15/05/2025)[1]

Algérie · 334 669Le tableau 8 de la Cnav place l’Algérie en tête avec 334 669 retraités, une pension globale moyenne de 274 € et 1,101 milliard d’euros versés par an.[1]Capture d’écran · Cnav, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
| Tranche d’âge | Résidant en Algérie | Résidant en France |
|---|---|---|
| 60-69 ans | 9,9 % | 32,9 % |
| 70-79 ans | 36,2 % | 41,9 % |
| 80-89 ans | 41,4 % | 19,1 % |
| 90-99 ans | 10,4 % | 5,6 % |
Source : Cnav · Chiffres clés sur les retraités du régime général résidant ou nés à l’étranger au 31/12/2024 (15/05/2025)[1]
Plus de la moitié des retraités vivant en Algérie ont 80 ans ou plus. C’est une raison de plus pour anticiper : désigner un proche de confiance, ranger les papiers de la caisse et préparer la pension de réversion évite bien des ruptures de paiement.
Chaque année, votre caisse vous adresse un justificatif d’existence. Sans réponse, la retraite cesse d’être payée. Bonne nouvelle : un seul certificat suffit pour toutes vos caisses de retraite françaises, base et complémentaires.

Un seul certificat suffit pour toutes vos caisses de retraite.Le Cleiss précise qu’un seul certificat de vie vaut pour toutes les caisses de retraite.[2]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Deux façons de renvoyer votre certificat de vie
Gratuite depuis juin 2024 : vous scannez le QR code reçu de la caisse, puis vous vous filmez pour une reconnaissance faciale. Il faut un smartphone compatible et une carte d’identité ou un passeport à zone de lecture automatique (MRZ).
Faites-le compléter par le consulat de France ou par une autorité locale compétente, comme l’APC (mairie) de votre commune, puis renvoyez-le à la caisse.
Le Cleiss ne publie pas de période fixe pour l’Algérie : suivez la date figurant sur le courrier et, en cas de doute, demandez-la à votre caisse.
L’article 17 de la convention, « Soins de santé aux pensionnés », distingue trois cas. Le plus fréquent est le troisième : vous ne percevez qu’une pension française, sans pension algérienne.
| Votre situation | Qui vous soigne | Qui paie |
|---|---|---|
| Pension française seule (art. 17 §3) | L’institution algérienne de votre lieu de résidence, comme pour un pensionné algérien | Le régime français, qui rembourse les 3/4 des dépenses sur une base forfaitaire |
| Pensions française et algérienne liquidées séparément (§1) | L’institution algérienne de résidence | L’institution algérienne |
| Pension liquidée par totalisation (§2) | L’institution algérienne de résidence | L’État de résidence, qui se fait rembourser la moitié par l’autre régime |
Source : Cleiss · Accords entre la France et l’Algérie, convention générale du 1er octobre 1980 (texte, art. 17)[4]

rentier les trois quarts des dépensesL’article 17 §3 de la convention met les soins à la charge du régime débiteur de la pension, qui rembourse les trois quarts des dépenses sur une base forfaitaire.[4]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Concrètement, un retraité qui ne touche qu’une pension française a droit, pour lui et les membres de sa famille vivant avec lui, aux soins en Algérie selon la législation algérienne. L’ouverture du droit dépend du régime français ; l’étendue et la durée des soins suivent les règles algériennes. Renseignez-vous auprès de votre caisse française et de l’organisme de sécurité sociale de votre lieu de résidence sur les formalités d’inscription.


devront justifier de 15 années de cotisation en France pour bénéficier de la prise en charge de leurs frais de santéLe Cleiss annonce la condition de 15 années de cotisation en France, applicable depuis le 1er juillet 2019 aux pensionnés résidant hors de France.[9]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) complète les petites retraites jusqu’à 1 043,59 € par mois pour une personne seule en 2026. Mais elle exige de résider en France de façon stable : y avoir son foyer permanent ou y séjourner plus de 9 mois l’année du versement. Si cette condition n’est plus remplie, le versement est suspendu ou supprimé, et tout changement de résidence doit être signalé à la caisse.

Le montant maximum attribué par mois est de 1 043,59 €, soit 12 523,14 € maximum par an (montants bruts).Service-Public.fr fixe le montant maximum de l’Aspa pour une personne seule à 1 043,59 € par mois.[6]Capture d’écran · Service-Public.fr, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Le lieu de votre séjour principal se trouve en France. C'est le cas si vous séjournez en France pendant plus de 9 mois l'année de versement de l'Aspa.La condition de résidence stable : séjourner en France plus de 9 mois l’année de versement de l’Aspa.[6]Capture d’écran · Service-Public.fr, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Aspa ou aide à la vie familiale et sociale (AVFS) ?
En règle générale, la France applique une retenue à la source sur les pensions de source française versées à des non-résidents (article 182 A du code général des impôts). Mais la convention fiscale franco-algérienne prime. Selon la doctrine de l’administration fiscale (BOI-INT-CVB-DZA-40), les pensions privées versées au titre d’un emploi antérieur sont imposables exclusivement dans l’État de résidence : les pensions servies à un résident d’Algérie au titre d’un emploi exercé en France « ne peuvent être soumises à la retenue à la source » de l’article 182 A.

ne peuvent être soumises à la retenue à la source prévue par l'article 182 A du code général des impôtsLe BOFiP indique que les pensions privées servies à un résident d’Algérie sont imposables exclusivement en Algérie et ne peuvent subir la retenue à la source de l’article 182 A.[5]Capture d’écran · BOFiP, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
La convention applique aux pensions de survivants les mêmes règles qu’aux pensions personnelles : un conjoint survivant résidant en Algérie peut donc percevoir une pension de réversion française, s’il en remplit les conditions. Elle n’est pas automatique : il faut la demander à la caisse.
Ce que vos proches doivent savoir faire
Les règles décrites ici s’appuient sur les textes et pages consultés le 17 octobre 2026. Pour votre situation précise, interrogez votre caisse de retraite, le CNAREFE pour les soins en France et l’administration fiscale pour l’impôt.
Oui. La convention franco-algérienne de sécurité sociale prévoit l’exportation des pensions de vieillesse : votre retraite de base et vos complémentaires continuent d’être versées, à condition de renvoyer chaque année votre certificat de vie.
Avec l’application gratuite « Mon certificat de vie » (QR code envoyé par la caisse, reconnaissance faciale, pièce d’identité à zone MRZ), ou avec le formulaire papier visé par le consulat de France ou par votre mairie (APC). Un seul certificat vaut pour toutes vos caisses.
Oui. Selon l’article 17 de la convention, le titulaire d’une seule pension française qui réside en Algérie a droit aux soins de l’institution algérienne de son lieu de résidence, pour lui et sa famille vivant avec lui ; le régime français rembourse les trois quarts des dépenses sur une base forfaitaire.
Non. L’Aspa exige de résider en France de façon stable, c’est-à-dire d’y avoir son foyer permanent ou d’y séjourner plus de 9 mois par an. Les anciens migrants vivant seuls en foyer peuvent, sous conditions, demander l’AVFS, qui n’est pas cumulable avec l’Aspa.
Pour une pension privée versée au titre d’un emploi exercé en France, non : selon la convention fiscale et la doctrine fiscale française (BOI-INT-CVB-DZA-40), elle n’est imposable qu’en Algérie et ne peut pas subir la retenue à la source. Les pensions publiques suivent d’autres règles.
Signaler le décès à chaque caisse pour éviter des trop-perçus, puis déposer une demande de pension de réversion. La convention applique aux pensions de survivants les mêmes règles qu’aux pensions personnelles.
Les liens permettent de vérifier les démarches officielles. Les exemples chiffrés signalés comme pédagogiques ne sont pas des prix de marché et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. Les règles doivent être confirmées au moment de votre projet.