Retraite en Algérie pour les immigrés : pension, santé, démarches

Plus de 334 000 retraités du régime général vivent en Algérie. Pension, certificat de vie, soins, impôt, aides : ce qui suit votre retraite de l’autre côté de la Méditerranée, et ce qui ne la suit pas.

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La Grande Poste d’Alger, bâtiment blanc de style néo-mauresque, sous un ciel nuageux
Photo : Poudou99 · Wikimedia Commons · CC BY 3.0

Réponse courte

Oui, la retraite française de base et complémentaire continue d’être versée si vous vous installez en Algérie : la convention franco-algérienne de sécurité sociale prévoit l’exportation des pensions de vieillesse. Vous devez renvoyer chaque année un certificat de vie à votre caisse. En revanche, l’Aspa (minimum vieillesse) exige de résider en France plus de 9 mois par an et s’arrête en cas d’installation en Algérie.

334 669[1]retraités du régime général résidant en Algérie fin 2024
274 €[1]de pension mensuelle moyenne de base (brute) versée en Algérie
1,101 Md€[1]versés chaque année aux retraités résidant en Algérie
43 %[1]des retraités du régime général vivant à l’étranger résident en Afrique

Toucher sa retraite française en Algérie : la réponse courte

Partir vivre en Algérie ne fait pas perdre les droits acquis en France. La convention générale franco-algérienne de sécurité sociale du 1er octobre 1980, en vigueur depuis le 1er février 1982, organise le calcul et le versement des pensions de vieillesse (articles 26 à 34) : chaque État paie pour les périodes accomplies sous sa législation, et les prestations sont exportables. Votre caisse française continue donc de verser votre retraite de base, et vos caisses complémentaires font de même.

Trois choses changent en revanche : vous devez prouver chaque année que vous êtes en vie, certaines allocations liées à la résidence en France s’arrêtent, et vos soins sont pris en charge selon des règles particulières. C’est l’objet de ce guide.

L’Algérie, 1er pays de résidence des retraités du régime général

Au 31 décembre 2024, la Cnav comptait 1 065 125 retraités du régime général résidant à l’étranger, soit 7 % de l’ensemble. L’Algérie arrive très loin en tête, avec plus du double du Portugal. La pension moyenne y est modeste (274 € bruts par mois) car elle ne couvre que le régime général, hors complémentaires, et correspond souvent à des carrières partielles en France.

Capture d’écran de l’étude Cnav sur les retraités résidant à l’étranger : passage encadré « 1 065 125 (soit 7,1 %) résident dans un pays étranger »
1 065 125 (soit 7,1 %)Le résumé de l’étude Cnav confirme les 1 065 125 retraités du régime général résidant à l’étranger (7,1 %), dont 43 % en Afrique.[1]Capture d’écran · Cnav, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Les 10 premiers pays de résidence des retraités du régime général à l’étranger (31/12/2024) (retraités)
Les 10 premiers pays de résidence des retraités du régime général à l’étranger (31/12/2024)
LibelléValeur (retraités)
Algérie334 669
Portugal159 680
Espagne147 966
Italie61 578
Maroc61 513
Belgique50 489
Allemagne46 394
Tunisie38 774
Suisse21 414
Canada15 758

Retraités de droit direct ou dérivé du régime général · Source : Cnav · Chiffres clés sur les retraités du régime général résidant ou nés à l’étranger au 31/12/2024 (15/05/2025)[1]

Capture d’écran du tableau 8 de l’étude Cnav : effectif encadré « 334 669 » sur la ligne Algérie
Algérie · 334 669Le tableau 8 de la Cnav place l’Algérie en tête avec 334 669 retraités, une pension globale moyenne de 274 € et 1,101 milliard d’euros versés par an.[1]Capture d’écran · Cnav, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Âge des retraités du régime général : résidents en Algérie et en France (31/12/2024)
Tranche d’âgeRésidant en AlgérieRésidant en France
60-69 ans9,9 %32,9 %
70-79 ans36,2 %41,9 %
80-89 ans41,4 %19,1 %
90-99 ans10,4 %5,6 %

Source : Cnav · Chiffres clés sur les retraités du régime général résidant ou nés à l’étranger au 31/12/2024 (15/05/2025)[1]

Plus de la moitié des retraités vivant en Algérie ont 80 ans ou plus. C’est une raison de plus pour anticiper : désigner un proche de confiance, ranger les papiers de la caisse et préparer la pension de réversion évite bien des ruptures de paiement.

Certificat de vie : l’application et les pièces acceptées

Chaque année, votre caisse vous adresse un justificatif d’existence. Sans réponse, la retraite cesse d’être payée. Bonne nouvelle : un seul certificat suffit pour toutes vos caisses de retraite françaises, base et complémentaires.

Capture d’écran de la page Cleiss sur les certificats de vie : passage encadré « Un seul certificat suffit pour toutes vos caisses de retraite »
Un seul certificat suffit pour toutes vos caisses de retraite.Le Cleiss précise qu’un seul certificat de vie vaut pour toutes les caisses de retraite.[2]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Deux façons de renvoyer votre certificat de vie

  1. Avec l’application « Mon certificat de vie »

    Gratuite depuis juin 2024 : vous scannez le QR code reçu de la caisse, puis vous vous filmez pour une reconnaissance faciale. Il faut un smartphone compatible et une carte d’identité ou un passeport à zone de lecture automatique (MRZ).

  2. Avec le formulaire papier

    Faites-le compléter par le consulat de France ou par une autorité locale compétente, comme l’APC (mairie) de votre commune, puis renvoyez-le à la caisse.

  3. Respecter le délai indiqué

    Le Cleiss ne publie pas de période fixe pour l’Algérie : suivez la date figurant sur le courrier et, en cas de doute, demandez-la à votre caisse.

Santé : l’article 17 de la convention franco-algérienne

L’article 17 de la convention, « Soins de santé aux pensionnés », distingue trois cas. Le plus fréquent est le troisième : vous ne percevez qu’une pension française, sans pension algérienne.

Qui sert et qui paie vos soins en Algérie, selon vos pensions (art. 17 de la convention)
Votre situationQui vous soigneQui paie
Pension française seule (art. 17 §3)L’institution algérienne de votre lieu de résidence, comme pour un pensionné algérienLe régime français, qui rembourse les 3/4 des dépenses sur une base forfaitaire
Pensions française et algérienne liquidées séparément (§1)L’institution algérienne de résidenceL’institution algérienne
Pension liquidée par totalisation (§2)L’institution algérienne de résidenceL’État de résidence, qui se fait rembourser la moitié par l’autre régime

Source : Cleiss · Accords entre la France et l’Algérie, convention générale du 1er octobre 1980 (texte, art. 17)[4]

Capture d’écran de l’article 17 de la convention franco-algérienne : passage encadré « rentier les trois quarts des dépenses »
rentier les trois quarts des dépensesL’article 17 §3 de la convention met les soins à la charge du régime débiteur de la pension, qui rembourse les trois quarts des dépenses sur une base forfaitaire.[4]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Concrètement, un retraité qui ne touche qu’une pension française a droit, pour lui et les membres de sa famille vivant avec lui, aux soins en Algérie selon la législation algérienne. L’ouverture du droit dépend du régime français ; l’étendue et la durée des soins suivent les règles algériennes. Renseignez-vous auprès de votre caisse française et de l’organisme de sécurité sociale de votre lieu de résidence sur les formalités d’inscription.

Entrée du centre hospitalo-universitaire Mustapha Pacha à Alger, avec palmiers et passants
L’entrée du CHU Mustapha Pacha, à Alger. Photo : Yelles · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0
Capture d’écran de l’actualité Cleiss de juillet 2019 : passage encadré « devront justifier de 15 années de cotisation en France »
devront justifier de 15 années de cotisation en France pour bénéficier de la prise en charge de leurs frais de santéLe Cleiss annonce la condition de 15 années de cotisation en France, applicable depuis le 1er juillet 2019 aux pensionnés résidant hors de France.[9]Capture d’écran · Cleiss, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Aspa et allocations non exportables : l’alternative AVFS

L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) complète les petites retraites jusqu’à 1 043,59 € par mois pour une personne seule en 2026. Mais elle exige de résider en France de façon stable : y avoir son foyer permanent ou y séjourner plus de 9 mois l’année du versement. Si cette condition n’est plus remplie, le versement est suspendu ou supprimé, et tout changement de résidence doit être signalé à la caisse.

Capture d’écran de la fiche Aspa de Service-Public.fr : passage encadré « Le montant maximum attribué par mois est de 1 043,59 € »
Le montant maximum attribué par mois est de 1 043,59 €, soit 12 523,14 € maximum par an (montants bruts).Service-Public.fr fixe le montant maximum de l’Aspa pour une personne seule à 1 043,59 € par mois.[6]Capture d’écran · Service-Public.fr, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
Capture d’écran de la fiche Aspa de Service-Public.fr : passage encadré « pendant plus de 9 mois l'année de versement de l'Aspa »
Le lieu de votre séjour principal se trouve en France. C'est le cas si vous séjournez en France pendant plus de 9 mois l'année de versement de l'Aspa.La condition de résidence stable : séjourner en France plus de 9 mois l’année de versement de l’Aspa.[6]Capture d’écran · Service-Public.fr, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source

Aspa ou aide à la vie familiale et sociale (AVFS) ?

Aspa (minimum vieillesse)
  • Jusqu’à 1 043,59 € par mois pour une personne seule en 2026
  • Résider en France : foyer permanent ou plus de 9 mois par an
  • Suspendue ou supprimée si vous vous installez en Algérie
  • Ouverte aux Français comme aux étrangers en situation régulière
AVFS (anciens migrants)
  • Jusqu’à 726,36 € par mois (montant publié au 1er octobre 2025), dégressif selon les ressources
  • Pour les étrangers de plus de 65 ans vivant seuls en foyer de travailleurs migrants ou en résidence sociale
  • 15 ans de résidence régulière et continue en France avant la demande
  • Pas de cumul avec l’Aspa ; maintien de l’assurance maladie pour les soins en France

Impôt : retenue à la source et convention fiscale

En règle générale, la France applique une retenue à la source sur les pensions de source française versées à des non-résidents (article 182 A du code général des impôts). Mais la convention fiscale franco-algérienne prime. Selon la doctrine de l’administration fiscale (BOI-INT-CVB-DZA-40), les pensions privées versées au titre d’un emploi antérieur sont imposables exclusivement dans l’État de résidence : les pensions servies à un résident d’Algérie au titre d’un emploi exercé en France « ne peuvent être soumises à la retenue à la source » de l’article 182 A.

Capture d’écran du BOFiP BOI-INT-CVB-DZA-40 : paragraphe 210 encadré sur les pensions privées
ne peuvent être soumises à la retenue à la source prévue par l'article 182 A du code général des impôtsLe BOFiP indique que les pensions privées servies à un résident d’Algérie sont imposables exclusivement en Algérie et ne peuvent subir la retenue à la source de l’article 182 A.[5]Capture d’écran · BOFiP, consultée le 17 octobre 2026 · Ouvrir la source
  • Pensions privées (régime général, complémentaires) : imposables en Algérie seulement, selon l’article 18 de la convention.
  • Pensions publiques (anciens fonctionnaires de l’État français) : elles relèvent de l’article 19, qui suit des règles différentes ; vérifiez votre cas auprès du service des impôts des non-résidents.
  • Prélèvements sociaux : sans résidence fiscale en France, ni CSG, ni CRDS, ni Casa ; une cotisation d’assurance maladie (en général 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire) peut en revanche être prélevée si vous relevez d’un régime français.

Pension de réversion et démarches des proches

La convention applique aux pensions de survivants les mêmes règles qu’aux pensions personnelles : un conjoint survivant résidant en Algérie peut donc percevoir une pension de réversion française, s’il en remplit les conditions. Elle n’est pas automatique : il faut la demander à la caisse.

Ce que vos proches doivent savoir faire

  • Signaler rapidement le décès à chaque caisse de retraite, pour éviter des trop-perçus à rembourser
  • Déposer une demande de pension de réversion auprès de la caisse du défunt
  • Retrouver les numéros de sécurité sociale et de retraite (gardez-les dans un dossier connu de la famille)
  • Conserver les derniers relevés de paiement et le dernier certificat de vie
  • Vérifier les droits aux soins du conjoint, qui dépendent de sa propre situation

Les règles décrites ici s’appuient sur les textes et pages consultés le 17 octobre 2026. Pour votre situation précise, interrogez votre caisse de retraite, le CNAREFE pour les soins en France et l’administration fiscale pour l’impôt.

Questions fréquentes

Ma retraite française est-elle versée si je rentre en Algérie ?

Oui. La convention franco-algérienne de sécurité sociale prévoit l’exportation des pensions de vieillesse : votre retraite de base et vos complémentaires continuent d’être versées, à condition de renvoyer chaque année votre certificat de vie.

Comment faire mon certificat de vie depuis l’Algérie ?

Avec l’application gratuite « Mon certificat de vie » (QR code envoyé par la caisse, reconnaissance faciale, pièce d’identité à zone MRZ), ou avec le formulaire papier visé par le consulat de France ou par votre mairie (APC). Un seul certificat vaut pour toutes vos caisses.

Suis-je soigné en Algérie avec ma retraite française ?

Oui. Selon l’article 17 de la convention, le titulaire d’une seule pension française qui réside en Algérie a droit aux soins de l’institution algérienne de son lieu de résidence, pour lui et sa famille vivant avec lui ; le régime français rembourse les trois quarts des dépenses sur une base forfaitaire.

Puis-je garder l’Aspa en vivant en Algérie ?

Non. L’Aspa exige de résider en France de façon stable, c’est-à-dire d’y avoir son foyer permanent ou d’y séjourner plus de 9 mois par an. Les anciens migrants vivant seuls en foyer peuvent, sous conditions, demander l’AVFS, qui n’est pas cumulable avec l’Aspa.

Ma pension française est-elle imposée en France ?

Pour une pension privée versée au titre d’un emploi exercé en France, non : selon la convention fiscale et la doctrine fiscale française (BOI-INT-CVB-DZA-40), elle n’est imposable qu’en Algérie et ne peut pas subir la retenue à la source. Les pensions publiques suivent d’autres règles.

Que doit faire mon conjoint en cas de décès ?

Signaler le décès à chaque caisse pour éviter des trop-perçus, puis déposer une demande de pension de réversion. La convention applique aux pensions de survivants les mêmes règles qu’aux pensions personnelles.

Sources

  1. Cnav · Chiffres clés sur les retraités du régime général résidant ou nés à l’étranger au 31/12/2024 (15/05/2025)Consulté le https://www.statistiques-recherche.lassuranceretraite.fr/app/uploads/2025/05/retraites-RG-residant-etranger-2024.pdf
  2. Cleiss · Certificats de vie des retraités résidant à l’étrangerConsulté le https://www.cleiss.fr/particuliers/certificats_de_vie.html
  3. Cleiss · Convention franco-algérienne de sécurité sociale (présentation)Consulté le https://www.cleiss.fr/docs/textes/conv_algerie.html
  4. Cleiss · Accords entre la France et l’Algérie, convention générale du 1er octobre 1980 (texte, art. 17)Consulté le https://www.cleiss.fr/pdf/conv_algerie.pdf
  5. BOFiP · BOI-INT-CVB-DZA-40, convention fiscale franco-algérienne : pensions privées (art. 18)Consulté le https://bofip.impots.gouv.fr/node/5157
  6. Service-Public.fr · Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), vérifié le 23/06/2026Consulté le https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16871
  7. Ministère des Solidarités · L’aide à la vie familiale et sociale des anciens migrants dans leur pays d’origine (mise à jour 01/10/2026)Consulté le https://solidarites.gouv.fr/laide-la-vie-familiale-et-sociale-des-anciens-migrants-dans-leur-pays-dorigine
  8. Cleiss · Retraité dans un pays hors Union européenne : soins, séjours en France, cotisationsConsulté le https://www.cleiss.fr/particuliers/partir/retraite/autrespays.html
  9. Cleiss · Accès aux soins en France des retraités résidant à l’étranger : la condition de 15 ans (juillet 2019)Consulté le https://www.cleiss.fr/actu/2019/1907-15-ans-acces-maladie-retraites.html

Les liens permettent de vérifier les démarches officielles. Les exemples chiffrés signalés comme pédagogiques ne sont pas des prix de marché et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. Les règles doivent être confirmées au moment de votre projet.